Chirurgien ESCROC à Aubagne : que font les Ordres???

Record : un chirurgien condamné pour avoir escroqué 460 000 euros à l’Assurance maladie

JIM.FR Jean-Bernard Gervais | 08 Décembre 2025

Le Dr Farhat, ancien chirurgien orthopédique à Aubagne (13), a été déclaré coupable d’escroquerie et condamné à 24 mois de prison avec sursis, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros. Le Dr Farhat s’était attribué des opérations effectuées par d’autres confrères, et avait facturé en secteur libéral des opérations pratiqués en secteur public.

La procureure a requis contre le chirurgien présumé fraudeur une peine de 30 mois de prison, dont six mois ferme, à effectuer sous bracelet électronique, ainsi qu’une amende de 50 000 euros, dont 30 000 avec sursis.

Actes indus

Ce 4 novembre le Dr Ikbel Farhat, 52 ans, ancien chirurgien orthopédique à l'hôpital Edmond-Garcin d'Aubagne (13), a été déclaré coupable d’escroquerie et condamné à 24 mois de prison avec sursis, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros, selon le média mesinfos.fr. Il était jugé pour avoir facturé plus de 460 000 euros d’actes indus. Il a également écopé d’une interdiction professionnelle d’exercer en libéral en hôpital public pendant une durée de cinq ans, et une inéligibilité de la même durée. Le médecin devra en outre verser 300 euros en réparation du préjudice matériel d’une patiente dont il a utilisé les données personnelles, un euro symbolique au Conseil de l’ordre des médecins,plus de 2 700 euros en réparation du préjudice matériel des CPAM des Alpes-Maritimes, du Bas-Rhin, des Hauts-de-Seine et de la Seine-Saint-Denis, ainsi que 200 euros de préjudice moral en faveur de la CPAM des Hauts-de-Seine.

La justice lui reproche notamment de s'être attribué des opérations réalisées par d’autres chirurgiens du service.

883 interventions frauduleuses

Son audience s’était tenue le 21 octobre dernier devant le tribunal correctionnel de Marseille. Entre janvier 2019 et octobre 2022, le Dr Ikbel Farhat aurait ainsi facturé 883 interventions frauduleuses, dont 768 dans le secteur public, au sein de l’hôpital Edmond Garcin d’Aubagne. Par ailleurs, il aurait aussi pratiqué 68 interventions non justifiées, 37 sans accord préalable du patient ; on compte également une dizaine d’opérations fictives selon le tribunal correctionnel. Au total ce sont donc plus de 460 000 euros qui ont été détournés au préjudice de neuf caisses primaires d’assurance maladie. 

Le Dr Farhat bénéficiait de la possibilité d’exercer une activité libérale, limitée à 20 % de son temps de travail — les jeudis et vendredis matin dans son cas. La justice lui reproche d’avoir facturé de très nombreux actes en dehors de ces créneaux, parfois alors qu’il était en congé, et de s'être attribué des opérations réalisées par d’autres chirurgiens du service. 

Alerte donnée par le Dr Rogé

Le subterfuge du Dr Farhat a été dévoilé par le Dr Franck Rogérapporte Ici Bouches-du-Rhône qui exerçait dans le même hôpital. Une de ses patientes l’aurait averti que son relevé de sécurité sociale mentionnait le fait qu’elle aurait été opérée par le Dr Farhat, alors que le Dr Rogé avait été l’auteur de cette intervention. Se muant en lanceur d’alerte, le Dr Rogé prévient alors la direction et l’enquête déterminera que le Dr Farhat s’était attribué 57 opérations réalisées par le Dr Rogé. Comme pour se défendre lors de l’audience, le Dr Farhat a crié au complot en déclarant notamment : « Je me demande si le Dr Rogé n’a pas utilisé à mon insu le logiciel pour me piéger. Comme il a su après qu’il ne pouvait pas rester à l’hôpital, c’est une espèce de vengeance » rapporte le site Mesinfos.fr. Le Dr Farhat s’est également attribué des opérations de la colonne vertébrale du Dr Solari, une spécialité pour laquelle il ne possède aucune compétence. Ainsi, le Dr Farhat aurait facturé en moyenne 26 fausses interventions par mois. 

Bonne foi

Devant la Cour, le chirurgien a aussi plaidé la bonne foi, en affirmant : « « J’ai participé avec mes collègues à des interventions, mais je ne savais pas que je ne pouvais pas les facturer ». Selon l’enquête, le Dr Farhat récupérait les informations sur le pré-programme opératoire avec les noms des patients, puis le numéro de Sécurité sociale des malades. Il remplissait ensuite le logiciel de la Caisse d’assurance maladie et créait une feuille de soins électronique avec les codes CPAM. La procureureavait requis contre le chirurgien présumé fraudeur une peine de 30 mois de prison, dont six mois ferme, à effectuer sous bracelet électronique, ainsi qu’une amende de 50 000 euros, dont 30 000 avec sursis. Le tribunal a donc aggravé la peine demandée par la procureure. Lors de son délibéré, la présidente a indiqué que le chirurgien était condamné « à la fois pour les actes qu’il n’a pas pratiqués et pour ceux relevant du secteur public facturés en privé ».Le Dr Farhat n’en a pas fini avec la justice : l’indemnisation des CPAM du Var, Bouches-du-Rhône, Ardèche et de la Caisse nationale militaire de sécurité sociale de Toulon a été renvoyée à une audience le 7 mars 2026.

Le Pr Bernard Granger lance un observatoire de la répression des personnels hospitaliers

Dans un récent communiqué, le Pr Bernard Granger, associé au Dr Mathieu Bellahsen, a annoncé la création d’un observatoire de la répression des personnels hospitaliersLe Pr Bernard Granger et le Dr Mathieu Bellahsen ont tous les deux dénoncé des dysfonctionnements préjudiciables pour les patients au sein de l’assistance publique, et ont écopé de sanctions. Reconnus néanmoins comme lanceurs d’alerte, (Pour le Dr Mathieu Bellahsen : statut certifié par le Défenseur Des Droits et la Maison des Lanceurs d’Alerte ; pour le Pr Granger : statut certifié par la Maison des Lanceurs d’Alerte), ils ont décidé de créer un observatoire de la répression des personnels hospitaliers afin de « mettre à jour les dynamiques collectives et structurelles qui sévissent actuellement dans le monde hospitalier français avec des affaires médiatisées récemment (par exemple celle du Dr Caroline Brémaud aux urgences de Laval, ou du Dr Franck Rogé dans le service d’orthopédie d’Aubagne) et qui touchent des personnels hospitaliers qu’ils soient soignants (médecins, para-médicaux, travailleurs sociaux etc.) ou non ».




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