Dr Bernard COADOU Bordeaux le 31 mai 2026
33800 Bordeaux
à Mesdames Gabrielle CATHALA, Laure MILLER, Sandrine ROUSSEAU et Anne VIDAL
Députées de la République Française
Membres de la Commission Parlementaire relative à l’Affaire Joël LE SCOUARNEC
Mesdames,
Je viens vers vous en tant que médecin retraité depuis 2011 et militant associatif qui a suivi avec attention cette affaire inédite de pratique pédo-criminelle qui occupe notre espace public depuis 2017. Elle occasionne donc cette mission parlementaire dont vous coordonnez la démarche qui se penche notamment sur les défaillances des institutions dans ce dossier. .
Je m’autorise à vous transmettre quelques éléments qui expliquent selon moi l’ampleur de cette affaire (durée de plusieurs décennies et nombre élevé de jeunes victimes). Au delà de la nocivité particulière de Joël LE SCOUARNEC, les co-responsabilités sont multiples : familiale, amicales, institutionnelles et professionnelles. Elles sont apparues au cours des différents procès en 2020 et 2025 et vont être complétées par d’autres ainsi que votre rapport.
Je souhaite me pencher ici sur celle de l’Ordre des médecins. Nous avions été alertés par le rapport de la Cour des Comptes de décembre 2019 qui mettait en cause la pratique ordinale concernant son traitement des plaintes à caractère sexuel. Il ne s’était pas attardé sur l’affaire qui vous occupe, révélée à la fin de son étude qui portait sur la période 2014-2017. Mais ses exemples rapportés, relatifs à une vingtaine de praticiens prédateurs sexuels, évoquaient une faille systémique de l’institution ordinale, tendant trop souvent à protéger les prédateurs et à nier les paroles des personnes victimes. Je vous joins à titre d’exemples deux résumés d’affaires (parmi la dizaine que j’ai publiés) qui semblent éclairer mon argumentation : ceux d’André HAZOUT et Bassam EL ABSI, cette dernière révélée par nos soins en Gironde.
Pour l’affaire LE SCOUARNEC, j’avais également publié un résumé en 2020 lors du procès de Saintes. Je vous le joins. La pratique juridictionnelle ordinale y apparaît très nocive avec depuis 2006 des décisions incompréhensibles, des mensonges ultérieurs tant aux niveaux national que départementaux. Je vous joins également la lettre ouverte que nous avions adressée en février 2025 (au nom de 58 médecins) aux 58 membres du conseil national de l’ordre des médecins pour leur demander de quitter le banc des parties civiles au procès de Vannes… elle est restée sans réponse.
Vous allez disposer de beaucoup plus d’informations et de documents que nous qui n’avons que ce qui a été publié dans les médias (cf déclaration ci-jointe de Frédéric BENOIST en février 2023 relative à la décision de 2006 du CDOM du Finistère et lettre de 2008 du CNOM qui a prétendu jusqu’au procès de Vannes qu’il n’avait pas connaissance des dossiers départementaux antérieurs de Joël Le SCOUARNEC …!).
Et nous espérons que vous partagerez avec nous l’idée que les pouvoirs de cette institution ordinale défaillante ne peuvent rester en l’état.
Je vous prie d’agréer l’expression de ma considération distinguée et mon respect pour votre travail parlementaire actuel.
Dr Bernard COADOU
Documents joints :
- deux résumés d’affaires : André HAZOUT et Bassam EL ABSI ;
- résumé de l’affaire Le Scouarnec - 30 nov. 2020.
- document relatif à la déclaration du 9 fév. 2023, de Me Frédéric Benoist, avocat de l’association La Voix de l’Enfant (relative à la décision du CDOM 29 du 14 déc. 2006)
- lettre du 10 juilet 2008 du CNOM au CDOM 17
- lettre ouverte de 58 médecins au 58 membres du CNOM - 21 février 2025
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire